Sur le site libertin, je visite
régulièrement les profils nouveaux, ou ceux qui me plaisent parce qu’ils sont
agréables à regarder, ou encore ceux qui me visitent, même si je n’échange pas
forcément.
Parmi ces visites que je reçois,
un couple en particulier revient, puis quelques mots sont échangés. Je visitais
avec plaisir leurs albums, la miss n’étant pas dépourvue de charmes. A ce
moment, vu que leurs recherches ne concernaient pas les hommes seuls, je
m’étais accommodé d’échanges conviviaux très agréables, sans idée de rencontre
par la suite.
C’était uniquement avec elle que
je discutais, par petites touches, des traits d’humour, des provocations
libertines amusantes et flatteuses pour moi comme pour elle je pense, mettant
en lumière une certaine forme de complicité, dans une joute verbale qui donnait
le sourire. Je gardais en tête que les choses en resteraient là, mais elle
revenait...
Elle s’adressait à moi en ne manquant pas de sonder son pouvoir
d’attractivité et de me signifier bientôt le mien à la faveur d’un nouveau
fil de discussion de son initiative, titré : « dom »… Elle me
confie que c’est mon côté dominant qui l’attire, ce à quoi je réponds que c’est
un domaine que j’ai envie de découvrir davantage. Elle est à la fois Domina et
Soumise, ayant une certaine expérience dans ces pratiques, je suis intéressé
par sa vision qui correspond plutôt bien à la mienne…
Mais je reste un peu
étonné : leur profil de couple ne fait pourtant pas état de cet attrait
pour ce domaine, et elle me livre bientôt plus clairement qu’il s’agit là de
son « jardin secret… » Cette expression résonne trop dans le sens
d’un « domaine caché au conjoint » et je m’en méfie car les personnes
se prétendant libertines, parce qu’elles couchent en secret avec d’autres que
leurs conjoints, sont malheureusement faciles à croiser ; je déplore cet
amalgame entre liberté des plaisirs et liberté de tromper; pour être
bref : je distingue libertinage et adultère…
Mais très vite elle m’explique
que ce domaine, elle l’explore seule, mais avec l’accord de son homme, sans
exigence de transparence totale, dès lors que ses limites et conditions à lui sont
respectées aussi. Je comprends alors qu’elle me fantasme peut-être comme son
Dom. J’en suis flatté, touché, excité mais je me garde de me livrer de trop, je
suis un homme assez méfiant…
J’ai à ce moment-là déjà des
notions assez claires de ce que peut être une relation D/S ainsi que des
valeurs dont elle doit être le creuset. Mon épouse sait ce que j’aimerais y
trouver, y explorer, et elle me l’a accordé. Dès lors, nous convenons que je
peux donner mon numéro de téléphone pour aller plus loin dans les échanges avec
cette jeune femme chez qui je perçois jusqu’ici des affinités avec moi. Je peux
évoquer le respect de nos couples, de nos vies privées, le clivage et la
distinction claire entre sentiments et sexe, les valeurs qui font qu’une
relation D/S offre aux deux partenaires un espace d’épanouissement et de
complicité bienveillante réciproque.
Nous voilà connectés, partis à
discuter à bâtons rompus de nos expériences et de nos aspirations. Nous sentons
assez rapidement que nous pourrions nous lancer dans une relation, les bases se
posent facilement, les questions trouvent des réponses qui satisfont à tour de
rôle le dominant que je suis et la soumise qu’elle est.
Pourtant, elle me dit qu’elle a
déjà « un Dom » et qu’elle n’envisage pas d’en avoir deux. Je pense
alors que l’idée serait d’être un homme dominant avec elle selon la volonté
éventuelle de son Dom, dans le cadre de leur relation. Mais il n’en est
rien : elle veut trouver un autre Dom, et demande bientôt au sien de suspendre
leur relation.
Celui-ci lui répond que si le
plaisir de sa soumise est de partir vers de nouveaux horizons, il ne pouvait
s’y opposer. Le feu vert est officiel de toute part maintenant, une
relation peut se façonner, la porte s’ouvre sur nos attentes, nos conditions,
nos envies, nos limites, mon enthousiasme est grand, mes questions
nombreuses !
J’avais auparavant entamé avec un
couple une tentative de mise en place d’une relation D/S, mais il s’agissait
alors d’un « projet » largement porté par le mari, candauliste
pointilleux et obtus dans ses fantasmes, pour lequel je devais entrer dans des
cases étroites, me faire l’amant de sa femme ; une femme qui demandait
davantage à être séduite, admirée, divertie, et peut-être soumise à un moment
donné… Je devais bientôt mettre fin à ce manège façon Arlequin dans lequel je
ne trouvais pas les contours d’une relation D/S telle que je l’entendais, mais
plutôt ceux d’une relation qui ne servirait que les fantasmes d’un couple dont
je serai bien trop l’accessoire phagocyté par leurs exigences. Je rends grâce à
mon épouse qui a su bien avant moi en déceler les prémices, mon ange gardien
depuis qu’elle est dans ma vie, sans qui mon exploration du BDSM ne saurait
exister et m’épanouir.
Fort de cette
« aventure » qui n’est restée qu’épistolaire et stérile, je
distinguais maintenant une différence nette dans le ton donné aux discussions
naissantes avec cette femme assurée, spontanée et franche. Je la nommerai
« L ». En effet, sa vie amoureuse épanouie n’avait pour autre influence
que de rendre ses attentes envers moi totalement ciblées D/S et non pas dans
une teinte romantico-sentimentale. Tout ce que moi et que mon épouse attendions
d’une relation D/S entre moi et une femme était là : clarté, respect de
notre couple, partage des mêmes valeurs et de la même conception de la
Domination/Soumission.
L et moi passons assez rapidement
aux aspects concrets de ce que serait cette relation, exprimant nos aspirations
et nos appréhensions. Nous convenons qu’une liste consacrée aux pratiques,
envies, limites de la soumise serait fort constructive en ce qu’elle permet aux
deux de dessiner l’espace commun des possibles. La « check-list »
trouvée vierge sur le net lui est transmise par mes soins et m’est retournée
quelques jours plus tard, remplie de trésors intimes que je découvre avec
excitation, surprise et délectation. Il s’agit là d’une première preuve de
confiance et non des moindres : L se livre à moi sans arrière-pensée, elle
me prouve déjà qu’elle me choisit en prenant le risque de ne pas obtenir l’écho
attendu d’un Dom « en devenir » qui saurait la satisfaire.
Je suis curieux, j’ai déjà
cherché à connaître tout ce qui peut se pratiquer dans une relation D/S, j’ai
distingué Maître/Esclave de Dominant/Soumise, réfléchi aux différences entre
une relation D/S permanente en couple et ce que pourrait être ma relation D/S
avec L : ponctuelle, et cadrée selon nos disponibilités…
Certaines pratiques de la
check-list ne seront pas adaptées et réalisables, d’autres sont trop violentes
selon ma perception d’alors, d’autres encore font résonner mon instinct de
dominant de façon très excitante.
A présent que nous échangeons
régulièrement, je suis très enthousiaste, confiant en elle et en moi. Mon
épouse continue de se réjouir pour moi en suivant tous mes échanges avec L.
Nous y sommes, je suis choisi par ma soumise, et c’est ainsi que je conçois la
naissance d’une telle relation.
Dans cette liste, je vois tous
les délices d’un panier garni dans lequel j’aurai le loisir de piocher pour
construire nos séances avec la certitude que cela répondra à ses attentes. Nous
en parlons L et moi, mais déjà à demi-mots, j’aspire à devenir son Dom :
ne rien lui laisser penser clairement dans ce qui l’attend. Ce jeu est
savoureux, elle sait que je suis bienveillant, je sais qu’elle me fait
confiance.
Il reste cependant une
question : contrat de soumission ou pas ? La décision commune ne
tarde pas : oui ! Un contrat pour déterminer de manière plus formelle
les contours de l’exercice de mon pouvoir sur elle, de sa soumission à moi, un
consensus responsable et clairvoyant. Ce contrat je le construis, elle l’enrichit,
nous le validons ensemble et nous décidons de le signer, pour le symbole d’une
acceptation mutuelle, le jour de notre première séance, avant tout acte.
Je serai son Dom, elle me devra
le vouvoiement, m’appellera Monsieur, lors des séances calibrées par des codes
définis : elle se soumettra à moi lorsque je passerai son collier autour
du cou, ou lorsque je lui dirai « soumets-toi ». Elle sera libérée de
mon joug lorsque je lui ôterai le collier ou en lui disant « reprends-toi ».
Je serai son Dom virtuellement,
elle obéira à mes demandes, lorsque je lui écrirai « peste » et
qu’elle me répondra « oui, j’ai honte » pour me signifier qu’elle est
en conditions de pouvoir se soumettre à moi. « N’ai pas honte » sont
les mots qui la délesteront de sa mise à disposition pour mon plaisir… Les
mails que nous échangerons l’obligeront à respecter une manière de s’adresser à
moi en tant que ma soumise. Ensuite, hors séances et par messagerie
instantanée, la communication restera sans contrainte et permettra le libre-échange,
nécessaire selon notre conception de la relation.
Nous voilà prêts, réjouis,
excités et dans l’expectative. Nous avons maintenant plusieurs semaines
derrière nous à avoir discuté chaque jour de ce que nous attendons, de nos
valeurs, et de nos doutes, de nos plaisirs et de nos craintes. Mais rien ne
peut remplacer la perception du corps. Elle attend une confirmation concrète du
bien-fondé de son choix : saurai-je lui offrir ce qu’elle attend d’un Dom
et avoir le charisme qui l’amènera à s’abandonner à moi ? Moi j’attends de
me confronter à une première séance en tant que Dom, saurai-je mener et me montrer assez déterminé malgré ce trac d’incarner
réellement ce rôle, qui reste encore pour partie mon fantasme ?
La date de la première séance est
bientôt fixée, ce sera une chambre d’hôtel non loin de chez moi, que je réserve
pour la retrouver en soirée ; je commence à façonner cette séance :
que vais-je faire ? Je plonge dans la check-list, j’ouvre la porte jubilatoire
de mes fantasmes et des siens, je discute également avec ma bienveillante
épouse tout au long de ce chemin sur mes appréhensions, mes envies, cela se
construit peu à peu, je me délecte déjà malgré un peu de trac, avec beaucoup
d’envies…
Nul doute que cette relation apportera délectation et plaisir!
RépondreSupprimerMiss Betty
Délectation et plaisir sont bien au rendez-vous ��
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